16.05.2017, 00:01  

Toujours plus de patrons remerciés pour raison éthique

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Le nombre de dirigeants d’entreprises démis de leurs fonctions pour des manquements éthiques a fortement augmenté dans le monde ces dernières années.

 16.05.2017, 00:01   Toujours plus de patrons remerciés pour raison éthique

Par Emmanuelle OESTERLE

Entre 2007 et 2011, 3,9% des changements de dirigeants s’expliquaient par ces comportements. Depuis 2012, ce chiffre atteint 5,3%.

Le nombre de départs consécutifs à des scandales ou à des affaires ayant trait à l’éthique (actes frauduleux, corruption, délit d’initié, désastre écologique, CV mensonger ou harcèlement sexuel) a augmenté de 36% au cours des cinq dernières années. C’est ce que révèle une l’étude «CEO Success» réalisée par PWC dans les 2500 plus grandes entreprises cotées en bourse à...

Le nombre de départs consécutifs à des scandales ou à des affaires ayant trait à l’éthique (actes frauduleux, corruption, délit d’initié, désastre écologique, CV mensonger ou harcèlement sexuel) a augmenté de 36% au cours des cinq dernières années. C’est ce que révèle une l’étude «CEO Success» réalisée par PWC dans les 2500 plus grandes entreprises cotées en bourse à travers le monde.

Selon Pierre Péladeau, associé Strategy & (l’activité de conseil en stratégie de PWC), cette hausse serait notamment due à l’exigence d’une plus grande responsabilisation des dirigeants face aux manquements à l’éthique. Plusieurs facteurs permettent de l’expliquer, comme que «la méfiance de l’opinion publique suite à la crise financière de 2007-2008», «le renforcement de la réglementation», «l’augmentation des risques éthiques sur les marchés émergents» mais également «l’arrivée massive des moyens de communication numérique» et «l’accélération de l’information qui nous parvient aujourd’hui en continu 24h/24». L’exigence de transparence à l’égard des entreprises se voit ainsi largement renforcée.

Les grandes entreprises davantage concernées

Ce phénomène concerne plus particulièrement les très grandes entreprises, au sein desquelles le nombre de dirigeants congédiés pour manquements éthiques atteint 7,8%, contre une moyenne de 3% pour les autres entreprises sur la période 2012-2016. Pierre Péladeau explique cette tendance par le fait que «les très grandes entreprises (…) sont notamment surveillées plus étroitement par l’opinion publique et les pouvoirs publics».

Les entreprises les plus touchées sont principalement localisées dans les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), où 8,8% des dirigeants d’entreprise ont été destitués de leurs fonctions suite à des manquements à l’éthique au cours des 5 dernières années, contre seulement 3,6% entre 2007 et 2011, soit une hausse de 144%. Cette tendance est également particulièrement marquée aux Etats-Unis et au Canada, où la part de dirigeants démis de leurs fonctions pour des comportements inappropriés a plus que doublé au cours des dix dernières années. En Europe occidentale, la part des dirigeants remerciés pour ce type de comportement a progressé de 40%.

Le turnover des dirigeants en baisse

Les dirigeants démis de leurs foncions pour des manquements à l’éthique ont généralement tendance à avoir des mandats plus longs (6 ans et demi en moyenne) que leurs homologues remplacés pour d’autres raisons (moins de 5 ans). En parallèle, l’étude révèle une baisse du taux de turnover mondial des dirigeants. En 2016, moins de 14,9% des entreprises ont changé de dirigeants, contre 16,6% en 2015. Cette baisse est observée dans l’ensemble des régions étudiées, à l’exception des Etats-Unis et du Canada. Le Figaro

Moins de changements à la tête des sociétés suisses

Les entreprises ont bénéficié de davantage de continuité l’an dernier. Seulement 12,7% des sociétés suisses ont changé de directeur général en 2016, contre un taux de changement de 17,6% l’année précédente. Cette faible fluctuation s’explique par l’environnement économique globalement bon et par la performance généralement positive des entreprises, selon l’étude publiée hier par PwC. Le contexte économique positif dans l’ensemble a un effet plutôt stabilisateur sur les directions.

Des facteurs d’insécurités externes, comme un contexte politique mouvementé, conduisent aussi à une plus grande continuité au sein des entreprises. Le taux de fluctuation au niveau mondial s’élève à 14,9%. ats


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