13.10.2017, 00:01  

Donald Trump retire les Etats-Unis de l’Unesco

Abonnés
chargement
Les ambitions de promotion de la démocratie, de l’éducation et des droits de l’humain seraient-elles  devenues secondaires pour le président des Etats-Unis?

 13.10.2017, 00:01   Donald Trump retire les Etats-Unis de l’Unesco

Par PHILIPPE GÉLIE, Washington

DIPLOMATIE L’Amérique se contentera, à partir du 31 décembre 2018, d’un statut d’observateur au sein de l’institution qui est en passe d’élire son prochain directeur général.

c’est une décision comme les aime Donald Trump: spectaculaire, définitive, justifiée par des considérations chères à son électo rat, mais dont les conséquences seront en réalité limitées, du fait de la situation existante. En notifiant officiellement hier le retrait des Etats-Unis de l’Unesco, le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, crève un abcès qui s’infectait depuis six ans.

«Cette décision n’a pas...

c’est une décision comme les aime Donald Trump: spectaculaire, définitive, justifiée par des considérations chères à son électo rat, mais dont les conséquences seront en réalité limitées, du fait de la situation existante. En notifiant officiellement hier le retrait des Etats-Unis de l’Unesco, le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, crève un abcès qui s’infectait depuis six ans.

«Cette décision n’a pas été prise à la légère», affirme Heather Nauert, la porte-parole du département d’Etat, citant «l’accumulation préoccupante d’arriérés» américains auprès de l’institution, «la nécessité d’une réforme fondamentale» et son «continuel travers anti-israélien». Washington entend adopter le statut d’«observateur» non membre une fois le divorce consommé, le 31 décembre 2018.

Fondée par les Américains

L’Unesco est actuellement en train de sélectionner son prochain directeur général, après huit ans de mandat de la Bulgare Irina Bokova. Deux candidats font la course en tête: l’ancienne ministre de la culture française Audrey Azoulay et le diplomate qatarien Hamad bin Abdulaziz al-Kawari.

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, dont le siège est à Paris, a été fondée sous l’impulsion des Etats-Unis en 1945 pour promouvoir la démocratie, l’éducation et les droits de l’homme – des ambitions devenues secondaires aux yeux de Donald Trump. En marge de sa mission visant au classement de sites au patrimoine mondial, cette annexe de l’ONU a souvent dérivé vers la politique, accueillant la Palestine comme un Etat à part entière en 2011 et rejetant le Kosovo à trois voix près en 2015. Sous Ronald Reagan, les Etats-Unis s’en étaient déjà retirés, en 1984, dénonçant un penchant procommuniste. Il avait fallu attendre George W. Bush, en 2002, pour que Washington reprenne sa place.

Ville d’Hébron inscrite

Une loi datant des années 1990 a forcé la main de Barack Obama en 2011: elle interdit aux Etats-Unis de financer toute agence de l’ONU accueillant les Palestiniens comme membres. Washington a dès lors cessé de payer sa cotisation, plus de 70 millions de dollars par an, représentant 22% du budget de l’institution.

Deux ans plus tard, les Etats-Unis ont perdu leur droit de vote à l’assemblée générale, tout en gardant une voix au conseil exécutif. Les arriérés dépassent désormais 500 millions de dollars, une hémorragie que Tillerson veut stopper. Et l’Unesco n’a pas arrangé son cas en inscrivant cette année la ville d’Hébron au patrimoine palestinien, dont Israël contrôle le tombeau des Patriarches.

Aujourd’hui, l’accord avec l’Iran

La décision américaine a été accueillie avec «un profond regret» par Irina Bokova et comme «une perte pour le multilatéralisme». De New York, le représentant de la France à l’ONU, François Delattre, a rappelé que les missions de l’Unesco sont «dans l’ADN des Etats-Unis, comme de la France» et, à l’heure où «ces valeurs sont contestées, nous avons besoin que l’Amérique reste engagée dans les affaires du monde».

Donald Trump avait prévenu Emmanuel Macron fin septembre, quand celui-ci lui avait demandé de soutenir la candidature d’Audrey Azoulay. Aujourd’hui, Donald Trump devrait «décertifier» l’accord nucléaire passé en 2015 avec l’Iran, nouveau revers pour le multilatéralisme. Le Figaro


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !

À lire aussi...

Unesco: l'art du pizzaïolo napolitain au patrimoine immatériel de l'HumanitéUnesco: l'art du pizzaïolo napolitain au patrimoine immatériel de l'Humanité

Top