19.05.2017, 00:01  

L’avenir de Donald Trump se retrouve entre les mains d’un ex-chef du FBI

Abonnés
chargement
Robert Mueller a dirigé le FBI de 2001 à 2013.

 19.05.2017, 00:01   L’avenir de Donald Trump se retrouve entre les mains d’un ex-chef du FBI

Par MAURIN PICARD

Le procureur spécial dans l’affaire russe peut assommer l’Administration ou la remettre en selle.

Il fallait agir, vite. Enrayer la course folle de la rumeur et apaiser une scène politique en ébullition. Mercredi, le numéro deux de la Justice américaine, Rod Rosenstein, s’est donc résolu à désigner un procureur spécial sur les interférences russes durant l’élection présidentielle de 2016 et les liens de l’équipe de campagne de Donald Trump avec le Kremlin.

Robert Mueller,...

Il fallait agir, vite. Enrayer la course folle de la rumeur et apaiser une scène politique en ébullition. Mercredi, le numéro deux de la Justice américaine, Rod Rosenstein, s’est donc résolu à désigner un procureur spécial sur les interférences russes durant l’élection présidentielle de 2016 et les liens de l’équipe de campagne de Donald Trump avec le Kremlin.

Robert Mueller, ancien directeur du FBI de 2001 à 2013, hérite de cette tâche délicate, qui pourrait sonner le glas de l’Administration Trump. Ou la remettre sur les rails. A 72 ans, ce vétéran du Vietnam jouit d’une réputation enviable, républicains et démocrates accueillant favorablement sa nomination.

Selon une source citée par le «New York Times», le chef de l’Etat aurait réagi froidement à la nouvelle, «défiant» à l’égard de Robert Mueller. Dans un communiqué sec, le président Trump s’est dit confiant qu’«une enquête minutieuse confirmera ce que nous savons déjà - il n’y a pas eu de collusion entre ma campagne et une quelconque entité étrangère».

A court terme, cet apaisement s’imposait. Il permet au gouvernement de garantir l’indépendance de l’enquête amorcée par l’ex-directeur du FBI, James Comey, en août 2016. Il s’apparente cependant à un repli tactique éphémère, qui devrait permettre à Donald Trump de souffler un peu, avant de s’envoler pour l’Arabie saoudite aujourd’hui. Le périple d’une semaine, qui l’emmènera également en Israël, au Vatican, à Bruxelles pour le sommet de l’Otan et en Sicile pour le G7 de Taormina, doit pouvoir restaurer une image durablement écornée, malgré l’impréparation d’un président préoccupé et son peu d’appétence pour le voyage.

La nomination de Robert Mueller ne constitue pas en soi un gage de sérénité, malgré les espoirs présidentiels que ce «machin russe», comme il le nomme dédaigneusement, «trouve une conclusion rapide». Hier matin, Donald Trump tweetait qu’«aucun procureur spécial n’a jamais été nommé en regard des actions illégales de la campagne Clinton et de l’Administration Obama», avant de dénoncer «la plus grande chasse aux sorcières contre un politicien dans toute l’histoire de l’Amérique».

Les grands médias, ces «ennemis du peuple» dans la verve populiste trumpienne, progressent à grands pas dans leurs propres investigations, motivés par une concurrence débridée entre les deux plus vénérables enseignes, le «New York Times» et le «Washington Post». Mercredi, ce dernier laissait entendre que l’équipe de transition présidentielle était déjà au courant des allégeances étrangères du général Michael Flynn, futur conseiller à la sécurité nationale. Malgré les dénégations ultérieures de la Maison-Blanche, l’ancien patron du renseignement militaire, finalement limogé le 13 février, aurait bien indiqué en amont être rémunéré comme lobbyiste pour le compte de la Turquie, à hauteur de 530 000 dollars.

Hier, l’agence Reuters affirmait, sur la foi de témoignages recoupés, que Mike Flynn et d’autres conseillers de Donald Trump auraient eu 18 échanges téléphoniques et électroniques avec des responsables russes entre avril et novembre 2016, non précédemment évoqués. Il s’agissait, abondent quatre de ces sources, d’établir un canal secret de communication entre le clan du milliardaire et le Kremlin, sans passer par une bureaucratie américaine jugée par les protagonistes «hostile au rétablissement de bonnes relations».

Républicains gênés aux entournures

Le Parti républicain, attentiste, n’a guère de raisons de se réjouir. Ses relations avec la Maison-Blanche sont appelées à se détériorer, à mesure que progresse l’enquête russe et que se multiplient les révélations embarrassantes. Certaines le concernent au premier chef: mercredi, le «Washington Post» a publié les propos de deux leaders républicains, enregistrés à leur insu l’an passé. «Je pense que Vladimir Poutine paie Donald Trump», suggérait Kevin McCarthy, représentant de Californie, aussitôt rappelé à l’ordre par le speaker de la Chambre, Paul Ryan: «Pas de fuites. Cela prouvera que nous sommes une grande famille.»

Les lignes de fracture se multiplient au sein du mouvement conservateur. Les irréductibles pro-Trump continuent de défendre leur champion, rationalisant systématiquement et applaudissant ses gestes d’autocélébration, presque surréalistes au vu de la tempête soufflant sur Washington. «Ce que j’ai accompli en très peu de temps est immense», a-t-il lâché à l’Académie des gardes-côtes, mercredi, à New London (Connecticut). «N’abandonnez jamais. L’adversité vous rend plus forts.» Le Figaro


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top