12.08.2017, 00:01  

La Libye interdit ses eaux aux ONG de secours en mer

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La décision d’interdire les bateaux étrangers de naviguer près des côtes libyennes s’applique précisément  aux ONG comme Save The children (photo), qui écume les flots pour sauver des migrants en détresse.

 12.08.2017, 00:01   La Libye interdit ses eaux aux ONG de secours en mer

Par FANNY LAURENT

Cette décision cible les bateaux venant en aide aux migrants en danger.

La Libye a adopté, jeudi, le «code de conduite» édicté par Rome en interdisant à tout navire étranger de naviguer près de ses côtes pour venir en aide aux migrants. La marine libyenne, avec, à sa tête, le général Abdelhakim Bouhaliya, entend créer une zone de recherche et de sauvetage – Search and rescue (SAR) – au large de...

La Libye a adopté, jeudi, le «code de conduite» édicté par Rome en interdisant à tout navire étranger de naviguer près de ses côtes pour venir en aide aux migrants. La marine libyenne, avec, à sa tête, le général Abdelhakim Bouhaliya, entend créer une zone de recherche et de sauvetage – Search and rescue (SAR) – au large de son territoire, dans laquelle les bateaux étrangers ne pourront plus circuler, «sauf demande expresse de la part des autorités libyennes», a précisé le général.

Cette décision de la marine libyenne cible explicitement les ONG qui patrouillent en eaux libyennes pour secourir les migrants en situation de détresse. Ces ONG présentes dans la SAR zone libyenne depuis 2015 ont effectué, en 2016, 22% des sauvetages en mer.

Au-delà des grandes ONG comme Médecins sans frontières et Save the children, avec des professionnels à bord, sept autres ONG ont été créées pour pallier l’hécatombe en mer Méditerranée. Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 5098 personnes ont perdu la vie en 2016 au large de la Libye.

Tirer profit du chaos

Depuis la fermeture récente de la route grecque grâce à l’accord UE-Turquie signé au printemps 2016, visant à démanteler le modèle économique des passeurs, la Libye constitue la principale plateforme des migrants africains pour atteindre l’Europe. Ses gardes-côtes sont particulièrement mis en cause par les ONG.

Celles-ci les accusent de prendre part au trafic d’êtres humains en négociant avec les passeurs d’importantes sommes d’argent. Victimes de torture, d’abus sexuels et d’extorsions, de nombreux migrants sont retenus dans des camps sordides, où ils sont soumis au travail forcé. Les trafiquants tirent profit du chaos ambiant qui règne depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, pour faire passer chaque année des dizaines de milliers de migrants vers l’Italie.

Dans un pays aux institutions affaiblies par la guerre, la marine libyenne n’est plus apte à assurer la sécurité de son littoral et se trouve dépassée par la crise migratoire. Les autorités libyennes n’ont que récemment sollicité l’aide de l’Italie.

Hors du système

Depuis le 1er août, le «code de conduite» du ministère italien de l’Intérieur est en vigueur. Il encadre les opérations de secours en mer menées par les ONG. Ces opérations, qui se déroulent au large des côtes libyennes, dans une zone de 12 à 24 milles, sont pourtant déjà bordées par la convention internationale de 1985. Médecins sans frontières, l’une des six ONG (sur neuf) à ne pas avoir signé le document, est accusée par le ministère italien de l’Intérieur d’être hors du système de secours. «Un homme à la mer est un homme mort. Pas question de voyager avec des policiers armés! Nous ne l’avons jamais fait dans les septante pays où nous sommes présents et tout au long de nos quarante-six années d’activité!», déclare fermement Loris De Filippi, le président de la branche italienne de MSF. le figaro


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