11.08.2017, 23:28

Label européen confirmé

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A l’image de Lea Sprunger dans la finale du 400 mètres haies, la Suisse doit encore trop souvent s’effacer devant les nations non-européennes.

 11.08.2017, 23:28 Label européen confirmé

ATHLÉTISME A moins d’un exploit du relais 4x100 m aujourd’hui, la Suisse repartira de Londres sans la moindre médaille. Mais elle n’a jamais été aussi bien positionnée sur la scène continentale.

La campagne s’était avérée fameuse, fantastique, mais pas tout à fait inattendue. Il y a treize mois à Amsterdam, la délégation suisse aux championnats d’Europe 2016, avec cinq médailles à son actif (deux fois l’or pour Tadesse Abraham et l’équipe du semi-marathon, bronze pour Mujinga Kambundji sur 100 ...

La campagne s’était avérée fameuse, fantastique, mais pas tout à fait inattendue. Il y a treize mois à Amsterdam, la délégation suisse aux championnats d’Europe 2016, avec cinq médailles à son actif (deux fois l’or pour Tadesse Abraham et l’équipe du semi-marathon, bronze pour Mujinga Kambundji sur 100 m, Lea Sprunger et Kariem Hussein sur 400 m haies), avait battu le record en cours jusque-là et qui datait de 1969: trois médailles aux Européens d’Athènes (or et bronze pour Philippe Clerc sur 200 m et 100 m, argent pour Meta Antenen au pentathlon).

Treize mois plus tard, on s’y attendait, et à moins d’un exploit aujourd’hui des relayeuses, la Suisse va prendre congé des 16es championnats du monde sans la moindre médaille, Viktor Röthlin restant le dernier médaillé en date (bronze sur le marathon en 2007 à Osaka).

A 12 reprises dans le top 8 continental

N’empêche. S’il peine encore et toujours à trouver le Chemin menant au podium mondial, l’athlète suisse s’en rapproche peu à peu, et Lea Sprunger l’a encore prouvé jeudi soir. Depuis l’émulation créée par les championnats d’Europe de Zurich, en 2014, les vocations engendrées par une UBS Kids Cup (135 000 participants en 2016) lancée dans leur sillage, et le travail de détection et de formation mené au sein des clubs, le sport olympique numéro 1, dans notre pays, ne repose plus, comme ces dernières décennies, sur un ou deux leaders uniquement.

Surtout, il est désormais très compétitif sur le plan européen. Le tableau ci-contre l’illustre à merveille: malgré les absences de Tadesse Abraham et Noemi Zbären, blessés, et avant même le relais 4x100 m aujourd’hui, la Suisse, ici à Londres, est entrée à 12 reprises dans le top 8 européen de ces compétitions, et même 5 fois dans le top 3 grâce à Mujinga Kambundji (100 m), Selina Büchel (800 m), Lea Sprunger (400 m haies), Fabienne Schlumpf (3000 m steeple) et Kariem Hussein (400 m haies)! Outre ces cinq-là, Alex Wilson (100 m), Salomé Kora (100 m), Kambundji encore (200 m), Sarah Atcho (200 m), Petra Fontanive (400 m haies), Nicole Büchler et Angelica Moser (perche) auraient, eux aussi, en théorie bien sûr, forcé les portes de la finale continentale. De quoi envisager sereinement les championnats d’Europe de Berlin, l’an prochain, même si une Petra Fontanive rangera définitivement ses pointes le mois prochain.

Et puis, ce qui ne gâte rien, cette équipe, dans sa majorité, est jeune, très prometteuse surtout, à l’exemple d’une Géraldine Ruckstuhl, 19 ans seulement mais déjà 11e pour ses premiers championnats du monde. «Si elle a la chance de rester en bonne Santé, je la crois capable d’arriver à 6600 points dans quelques années», nous confiait ainsi une Ellen Sprunger remplie d’admiration jeudi soir.

Le déclin de l’empire européen

L’éclosion de l’athlétisme helvétique sur la scène continentale, au-delà des seuls mérites de ses athlètes, dirigeants et entraîneurs, est aussi favorisée, c’est une évidence, par les difficultés rencontrées par certains pays, et non des moindres. Sans même parler de la Russie, reléguée sur le banc de pénalité, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, face aux concurrents venus principalement d’Afrique, des Etats-Unis et des Caraïbes, n’affichent plus leur splendeur d’autrefois. Et, hier soir encore, l’Italie et l’Espagne attendaient vainement leur première médaille, à l’instar de la Finlande, gardienne du temple.

Dans douze mois à Berlin, le record établi l’an dernier à Amsterdam, que certains observateurs considéraient comme historique, pourrait bien n’avoir tenu que le temps de deux étés.


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