21.04.2017, 00:01  

Un derby comme un jeu d’échecs

chargement
Un derby comme un jeu d’échecs

FOOTBALL - Peter Zeidler et Fabio Celestini sont très attachés à leur dispositif tactique respectif. Si le premier ne déroge que rarement à sa règle, le second a dû revoir son système. Analyse à deux jours du dernier derby romand.

FC SION

«Zeidler change souvent ses hommes, peu sa stratégie»

1. Tactique
Débarqué fin août à Tourbillon, Peter Zeidler a chamboulé le dispositif tactique de l’équipe sédunoise. Exit le 4-2-3-1 cher à Didier Tholot, l’Allemand installe un 4-3-3 offensif dont les effets bénéfiques se font rapidement sentir puisque le club quitte la lanterne rouge pour monter sur le podium. «Zeidler a pu compter sur des joueurs revanchards qui se sont très bien installés dans son nouvel équilibre qui demande un haut pressing pour récupérer rapidement le ballon afin de se projeter vers l’avant», analyse l’ancien international Stéphane Grichting. Toutefois avec le temps, ce 4-3-3, qu’il a toujours utilisé à l’exception de la première mi-temps du match contre Vaduz samedi dernier, n’a plus le même rendement. «Les blessures, les coups de moins bien et un effectif amoindri en sont la raison. D’autant plus que cette tactique demande beaucoup d’effort et Zeidler n’a pas forcément la profondeur de banc pour la tenir. Ni des joueurs qui peuvent être complémentaires dans un dispositif différent, même si parfois le FC Sion aurait pu, ou dû, évoluer dans un schéma plus défensif.»

2. Adaptation à l’adversaire
Si Peter Zeidler sait adapter son système tactique et les affectations individuelles selon le cours du match, il ne déroge que très peu à ses idées de base à l’entame d’une rencontre. «Comme dans toutes équipes, il y a un travail d’analyse de l’adversaire qui est réalisé en amont et une préparation spécifique. Mais Peter Zeidler reste presque toujours fidèle à ses principes de jeu établis estimant que son équipe est meilleure que celle se trouvant en face et c’est à cette dernière de s’adapter», juge Stéphane Grichting qui voit à travers le coach allemand «la rigueur et les idées de l’école allemande». «Il change souvent les hommes, peu sa stratégie. Peut-être lui manque-t-il des munitions sur le banc pour pouvoir le faire.»

3. Sur le banc
Calme et tranquille sur le bord de la touche lors de ses premières sorties, Peter Zeidler se montre très (trop?) démonstratif sur son banc depuis la reprise. Lors de la demi-finale de la Coupe de Suisse contre Lucerne, le mentor de Tourbillon était d’ailleurs intenable. «Il vit complètement son match, c’est un passionné. Mais il ne semble jamais parler pour ne rien dire et le fait toujours avec fair-play. Par ses encouragements positifs, il tente de toujours donner la bonne impulsion à ses joueurs.»

 

FC Lausanne-Sport 

«Celestini a dû changer de schéma tactique à contrecœur»

1. Tactique
Amoureux du beau football, Fabio Celestini a entamé la saison dans un 3-5-2 porté vers l’avant. En raison de l’accumulation des mauvaises performances, le coach vaudois a dû retourner sa veste et évolue depuis quatre parties dans un 4-3-3 des plus rigides. «Il a changé à contrecœur. Dans l’urgence d’une menace de relégation, il a dû faire un choix économique et stratégique aux dépens du plaisir du jeu.» Dans le nouveau système lausannois, les latéraux Taiwo et Diniz sont confinés à leur rôle défensif. L’équipe veille surtout à évoluer en surnombre lorsqu’elle doit défendre avec le but de ressortir proprement le ballon. «Si l’on omet la raclée contre Bâle la semaine dernière (0-4), Lausanne est plus solide, plus stable et plus concerné défensivement.» Seul problème, l’équipe ne marque pas pour autant puisqu’elle a uniquement scoré contre Thoune (victoire 4-2) depuis le changement de système. «Si Celestini doit jouer le 0-0 pour sauver la place du LS en Super League, il le fera.»

2. Adaptation à l’adversaire
Fabio Celestini est un fin tacticien. Il ne laisse rien au hasard et analyse méticuleusement les différents systèmes de jeu adverses. «Il aime maîtriser son sujet. Il fait partie de cette nouvelle génération très pointue dans ce domaine.» Il va ainsi disposer ses pions et leur assigner leurs déplacements en fonction de l’opposition. «Lausanne a plus besoin de s’adapter à son adversaire que les autres formations. L’équipe n’a pas forcément la même qualité d’effectif que celle du FC Sion par exemple, et il faut donc l’optimiser.» Les Vaudois possèdent-ils ainsi un coup d’avance à l’entame d’une rencontre? «Pas forcément. Mais pour Lausanne, ce travail est plus important pour des jeunes joueurs qui n’ont pas l’expérience d’un Salatic ou d’un Ziegler.»

3. Sur le banc
Sur le banc voisin, Fabio Celestini n’est pas en reste. Très actif, il est réputé pour ne pas avoir la langue dans sa poche. «Il est également expressif. C’est un sanguin, cela vient de ses racines italiennes. Il a davantage affaire avec les arbitres, car Lausanne n’est pas souvent aidé», poursuit Stéphane Grichting qui a côtoyé le Lausannois avec le maillot de la Nati. «C’est aussi un passionné. S’il a un message à faire passer, il le fera.»

Le 23 octobre dernier, le FC Sion et le Lausanne-Sport se retrouvaient au stade de la Pontaise pour un match au sommet. Les deux équipes occupaient le fauteuil de dauphin du FC Bâle. A l’époque, on disait des formations de Peter Zeidler et de Fabio Celestini qu’elles pratiquaient les deux plus beaux jeux du pays. Mais depuis cette rencontre qui aura vu le FC Sion remporter la mise 2-0, les deux équipes ont connu des hauts et des bas. Les Valaisans, certes toujours 3es, ont enregistré autant de victoires que de défaites (8). Les Vaudois, à la suite de ce revers, ont connu une série de douze matchs sans succès et se classent au 8e rang.

Cependant, les deux entraîneurs n’ont pas fait face de la même manière aux différentes contre-performances. Si Zeidler est resté fidèle à ses principes, Celestini a revu son dispositif. Avant le quatrième et dernier affrontement entre les deux clubs romands de la saison, livrons-nous à une comparaison de coaching entre les deux mentors romands avec l’ancien international Stéphane Grichting.

 

Opération Le Nouvelliste 14e finale dans le 14e district

SUPPORTER «Le Nouvelliste» vous propose de porter un t-shirt original lors de la prochaine finale de la Coupe de Suisse entre Sion et Bâle, le 25 mai prochain. Le logo, présent sur le ventre, a été créé par «Reinette», notre directeur artistique. Il reprend le slogan «Une 14e finale dans le 14e district», en référence au nombre de Valaisans établis ou qui travaillent à Genève.

Ce t-shirt est d’ores et déjà disponible sur notre site internet (boutique.lenouvelliste.ch) au prix de 25 francs. Toute commande avant le 15 mai assure une livraison avant la finale.

En parallèle, deux autres produits liés à la Coupe de Suisse sont disponibles dans la boutique: le DVD coproduit par «Le Nouvelliste» et la RTS et intitulé «La treizième étoile», lequel relate les treize victoires en finale, et le livre «Treize», un ouvrage écrit par une dizaine de chroniqueurs et de personnalités retraçant leurs souvenirs liés aux victoires du FC Sion en Coupe de Suisse. Le DVD est vendu au prix de 15 francs – au lieu de 29 – et le livre au prix de 13 francs. Il est possible d’acquérir les deux produits, dans la limite des stocks disponibles, au tarif de 21francs au lieu de 42 francs. / cs

A commander sur le site boutique.lenouvelliste.ch

 

 

 

 


  Vous devez être identifié pour consulter cet article

Top