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SANCTIONS Christian Constantin se retrouve sous le coup d’une interdiction de stade de 14 mois et frappé d’une amende de 100 000 francs à la suite de son attaque contre Rolf Fringer à Lugano. Il s’agit de la plus lourde sanction jamais prononcée dans l’histoire du football suisse.

Christian Constantin se retrouve hors jeu du football suisse. Il reçoit la sanction la plus lourde jamais infligée dans l’histoire de la Swiss Football League, l’appellation actuelle de la plus haute catégorie de jeu du pays, et de la Ligue nationale, son ancienne dénomination. La commission de discipline de la SFL condamne le président du FC Sion à une amende de 100 000 francs doublée d’une interdiction de...

Christian Constantin se retrouve hors jeu du football suisse. Il reçoit la sanction la plus lourde jamais infligée dans l’histoire de la Swiss Football League, l’appellation actuelle de la plus haute catégorie de jeu du pays, et de la Ligue nationale, son ancienne dénomination. La commission de discipline de la SFL condamne le président du FC Sion à une amende de 100 000 francs doublée d’une interdiction de terrain de quatorze mois à la suite de l’altercation qui l’a opposé à Rolf Fringer, consultant de la chaîne thématique Teleclub. Cette double peine ne connaît pas d’égale dans les annales du ballon rond helvétique à ce niveau de compétition, tant par le montant de la peine pécuniaire, le plus élevé dans la compétence de la commission, que par la durée de l’interdiction prononcée. L’interdiction de terrain, entrée en force avec effet immédiat, le prive de pénétrer dans un stade, que ce soit dans les tribunes, dans les vestiaires ou sur le terrain. Elle court jusqu’au 12 décembre 2018.

Un jugement sans audition

Les faits incriminés remontent au 21 septembre à Lugano au terme du match entre l’équipe tessinoise et le FC Sion. Le verdict tombe dans un délai très bref pour le traitement d’un tel dossier. Il se fonde sur une prise de position écrite, comme le permet le règlement, sans recourir à l’audition du dirigeant valaisan malgré les requêtes présentées par Alexandre Zen-Ruffinen, avocat du club. Dans le cadre de cette affaire, une deuxième procédure demeure ouverte contre Barthélémy Constantin. Le directeur sportif du club valaisan a plaidé sa cause devant la commission mercredi. Le verdict tombera ultérieurement.

Présent à Tourbillon dimanche?

Publié par voie de communiqué en milieu de matinée, le jugement ne fait l’objet que d’un bref commentaire lâché au «Matin» dans la journée. annonçant «la guerre». A l’exception de cette déclaration faite en début d’après-midi, il repousse les sollicitations téléphoniques ou de vive voix au siège martignerain du club. «Je m’exprimerai lors de l’émission «Mise au point» de la RTS à laquelle je participerai dimanche», confie-t-il sans autre développement lorsque l’interlocuteur l’interroge sur ce dossier. Dans l’intervalle se pose la question de sa présence au stade de Tourbillon lors de la rencontre entre le FC Sion et le FC Saint-Gall programmée dimanche à 16 heures. Actionnera-t-il la justice civile par une requête de mesures superprovisionnelles pour assister à la rencontre de son équipe sans s’exposer à une nouvelle procédure? A relever que l’interdiction de terrain ne concerne pas la Promotion League, la catégorie dans laquelle évoluent les moins de 21 ans du FC Sion aux matchs desquels Christian Constantin assiste régulièrement.

deux plaintes pénales au tessin

Dans le volet administratif de cette affaire, Christian Constantin et Rolf Fringer ont tous deux déposé une plainte pénale devant la justice tessinoise la semaine dernière. Le consultant pour lésions corporelles, le président valaisan pour diffamation. La première sera traitée. Dans le cadre de la deuxième, la compétence de la justice tessinoise pour ce dossier doit être déterminée.

Le jugement sportif de première instance peut faire l’objet d’un appel auprès du Tribunal de recours de la SFL. L’option de silence retenue par Christian Constantin ne permet pas de savoir s’il effectuera cette démarche. Une réponse négative serait une grande surprise pour un dirigeant habitué aux combats juridiques face aux instances. Il avait notamment disputé un match très serré face à la SFL en 2003 pour obtenir la réintégration du FC Sion en Challenge League après une relégation administrative. En anticipation à ce possible recours, la commission de discipline retire l’effet suspensif en ce qui concerne l’interdiction de terrain.

L’avenir du FC Sion

Cette sanction soulève également des interrogations sur l’avenir du FC Sion, du moins dans sa configuration de club compétitif au plus haut niveau. Un statut impossible à défendre sans la présence de son emblématique président. Ces questions s’étaient déjà posées en 2011 lorsque l’affaire des «sans-papiers» avait relégué l’équipe sédunoise au dernier rang de Super League à la suite d’une pénalité de 36 points infligée durant la pause hivernale. Christian Constantin ne s’était ni découragé, ni retiré du jeu. Il serait étonnant qu’il renonce aujourd’hui puisque son fonctionnement de dirigeant, un mélange détonant de passion extrême et de volonté de gagner, ne peut s’accommoder d’un éloignement du terrain et des vestiaires.

Le passif de Kriens a pesé

Si la Swiss Football League a décidé de sanctionner lourdement Christian Constantin, c’est également parce que le président du FC Sion n’en était pas à son coup d’essai. «Sa condamnation à une interdiction de terrain de quatre mois par le Tribunal sportif de l’ASF en 2008, dans une affaire qui présente de nombreuses similitudes avec le cas présent, doit être prise en compte comme circonstance aggravante», mentionne le communique de la commission de discipline de la SFL. Christian Constantin avait en effet été reconnu coupable de comportement antisportif en faisant trébucher l’arbitre d’une rencontre contre Kriens en 2004.

S’il n’en est jamais venu aux mains, l’homme fort du club sédunois a également connu des altercations musclées avec deux de ses joueurs. Tout d’abord avec Xavier Margairaz qui s’est précipité dans la tribune où il se trouvait en 2013. Puis ce printemps avec Geoffrey Bia qui l’a empoigné par le col de la veste, frustré de ne pas avoir joué la finale. JT


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