12.10.2017, 09:00  

C'est beau d'avoir une passion, non? La chronique de Elise Lehec, musicienne

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Elise Lehec, musicienne.

 12.10.2017, 09:00   C'est beau d'avoir une passion, non? La chronique de Elise Lehec, musicienne

Chaque franc investi dans le milieu culturel rapporte 7francs, selon la récente enquête sur le poids de la culture en Valais. Génial, non? 
Et puis, il y a aussi cette plus ancienne enquête sur le maigre salaire des artistes en Valais… En tant que musicienne et directrice artistique d’une saison classique, cela m’a fait beaucoup réfléchir sur le pourquoi du comment. 

Bon, c’est vrai que quand j’ai choisi une...

Chaque franc investi dans le milieu culturel rapporte 7francs, selon la récente enquête sur le poids de la culture en Valais. Génial, non? 
Et puis, il y a aussi cette plus ancienne enquête sur le maigre salaire des artistes en Valais… En tant que musicienne et directrice artistique d’une saison classique, cela m’a fait beaucoup réfléchir sur le pourquoi du comment. 

Bon, c’est vrai que quand j’ai choisi une carrière dans le milieu artistique, je me suis rendue compte assez vite que la maison avec vue sur le lac, la voiture de fonction et les cinq semaines de congé resteront des notions abstraites. Ce n’est pas que cela ne m’intéresse pas, mais je suis atteinte du virus artistique: ce besoin viscéral de jouer, de créer, d’être sur scène, d’interpréter, et de partager la musique que je défends avec un public.

Je mesure tous les jours la chance d’avoir un jour réclamé un violon au Père Noël, et ainsi pu librement casser les oreilles de quiconque se situant à moins de cent mètres de moi pendant toutes mes années d’apprentissage… parce que dix-huit fois ce mois-ci, je me suis fait applaudir à la fin de ma journée de travail, et rares sont les métiers où cela se produit aussi souvent.

Et puis, le prestige de la musique classique s’accompagne souvent d’un verre de vin à la fin des concerts. Vu comme ça, ça donne envie, n’est-ce pas?

Mais aujourd’hui sur un plan politique, je remarque que la culture n’existe pas… Ou si peu. Lors des élections au Conseil d’Etat, les pages dédiées à la culture dans les programmes des candidats étaient aussi rares qu’une fausse note de Janine Jansen, c’est dire si elle est incroyable. Et chaque saison, l’enveloppe valaisanne destinée au subventionnement culturel se réduit comme peau de chagrin.

Ce n’est encore pas cette année que nous autres artistes allons dégainer nos smartphones pour appeler un taxi à la fin des concerts. Pas grave, le subventionnement culturel peut aussi venir de nous tous, simplement en allant aux spectacles, aux concerts, aux expositions.

Alors, je profite de cette magnifique fenêtre d’expression que m’offre «Le Nouvelliste» pour vous dire que si, politiquement, on essaye de nous couper les cordes, et bien on a la voix solide, et le virus tenace.


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