11.08.2017, 17:15  

Elle va construire sa maison en paille au coeur de Monthey

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Laurence Von Moos a choisi la paille pour ses qualités isolantes et son côté sain, écologique et durable.

 11.08.2017, 17:15   Elle va construire sa maison en paille au coeur de Monthey

Urbanisme - Utiliser de la paille comme matériau de base pour construire la maison qui abritera son logement et son lieu de travail. C'est le projet de Laurence Von Moos, jardinière bio à Monthey. Ce type de construction écologique est encore relativement rare en Valais.

Laurence Von Moos a grandi dans ce quartier que les Montheysans appellent le village nègre, en face du centre La Verrerie. Aujourd’hui, elle est en passe d’y réaliser un vieux rêve puisqu’elle va y construire une maison... en paille. "Il y a déjà quelques années, j’avais vu des reportages et j’avais trouvé fantastique le principe d’employer ce qui constitue un excellent isolant mais n’est plus tellement valorisé aujourd’hui. Cette idée est...

Laurence Von Moos a grandi dans ce quartier que les Montheysans appellent le village nègre, en face du centre La Verrerie. Aujourd’hui, elle est en passe d’y réaliser un vieux rêve puisqu’elle va y construire une maison... en paille. "Il y a déjà quelques années, j’avais vu des reportages et j’avais trouvé fantastique le principe d’employer ce qui constitue un excellent isolant mais n’est plus tellement valorisé aujourd’hui. Cette idée est toujours restée dans un coin de ma tête", sourit cette ancienne employée de commerce désormais reconvertie en jardinière bio.

1200 bottes d’orge pour son logement

Cette profession - qu’elle pratique depuis 2010 dans son entreprise Pousse Nature - explique son intérêt pour ce type d’habitation encore assez rare en Valais même s’il existe, entre autres, un hôtel à Nax: "La perspective d’utiliser des matériaux locaux, sains, renouvelables, simples et écologiques pour bâtir mon lieu de vie et moderniser mes installations de travail me plaît beaucoup. Elle correspond bien aux préceptes que je défends, dans un esprit durable."

 

Une fois terminée, la future maison en paille ressemblera à un bâtiment conventionnel. © schaersaudan architectes

 

Outre du bois, de la terre (qui sera extraite de son jardin) et un peu de chaux, 1200 bottes de paille d’orge fournies par un agriculteur vaudois seront nécessaires pour cet édifice de 9 mètres par 20, sur deux niveaux. "Diverses techniques existent, explique Stéphane Saudan, du bureau schaersaudan architectes à Martigny qui a conçu le projet. Nous avons retenu celle avec une ossature porteuse en bois, la paille servant d’isolation."

Deux chantiers participatifs pour la construction

La construction se fera en deux temps. Encadrés par un collectif d’architecture spécialisé de Lausanne, deux chantiers participatifs se dérouleront en septembre dans une halle couverte. Le premier sera consacré à la préparation de la structure: "L’ossature est revêtue d’un panneau de laine de bois qui forme un coffrage. Celui-ci est rempli avec des bottes de paille et il est ensuite très facile de couler dessus la terre qui sert d’enduit", détaille l’architecte. Le second  fabriquera les briques en terre cuite qui contribueront à garder une certaine fraîcheur dans le petit magasin. 

Ces deux activités sont ouvertes aux intéressés (sur inscriptions). "Pour la première, un peu plus technique, la participation sera de trois jours au minimum, et une semaine pour les privés ou les professionnels qui souhaitent se former à la technique. Plus simple, la seconde sera accessible à tous", précise la future propriétaire.

Une fois les éléments secs, ils seront transportés sur place et "montés comme un jeu de Lego. En deux jours, la maison devrait être assemblée."

 

La maison s'intègrera dans l'environnement bâti de ce quartier que les Montheysans appellent le village nègre. © schaersaudan architectes

 

Difficilement inflammable

La commune a délivré l’autorisation de construire sans procédure particulière. «Les documents exigés sont les mêmes que pour un autre type de bâtiment», note Eugénie Coppex, adjointe à l’architecte de ville. Quid du danger d’incendie? "S’il nécessite d’étudier soigneusement les questions thermiques et de transfert d’humidité, le fait d’utiliser de la paille n’implique pas de mesures spécifiques sur ce point. Pas plus  en tout cas que pour une construction en bois, car les bottes sont difficilement inflammables», relève Stéphane Saudan. Une attention soutenue est par contre requise pendant les travaux, «lorsque des brins traînent partout. Il est totalement interdit de fumer et il faut prévoir des moyens d’extinction."

Laurence Von Moos espère une mise hors d’eau à mi-octobre. "Depuis enfant, je dis: quand je serai grande, je ferai ceci, je serai cela, j’aurai ça... Ce petit bout de paradis nature au cœur de Monthey sera mon cadeau pour mes 40 ans."

Un appel au financement sur la Toile

Le budget du projet avoisine le million de francs. Pour compléter le prêt contracté, Laurence Von Moos a lancé un appel à un financement participatif sur la Toile (wemakeit.com). "J’ai retenu cinq objectifs, soit 110’000 francs au total. Le premier est chiffré à 16’500 francs. Chaque fois que l’un d’eux est atteint, je rajoute quelque chose, par exemple le frigo professionnel, les panneaux solaires, etc." Le délai court jusqu’au 25 août. 5500 francs ont été réunis jusqu’ici.


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