11.01.2018, 00:01

Le drame des ventes de biens saisis

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Zoe Konstantopoúlou, ancienne présidente du Parlement, défend bec et ongles les citoyens endettés.

 11.01.2018, 00:01 Le drame des ventes de biens saisis

Par alexia kefalas, athènes

GRÈCE Des milliers de propriétaires incapables de rembourser sont concernés.

le mercredi, c’est jour de tensions devant le «tribunal de paix» d’Athènes. Chaque semaine, ils sont plusieurs dizaines à s’y retrouver: propriétaires de biens immobiliers saisis par leur banque, politiques, forces de l’ordre et caméras de télévision. En quelques minutes, la situation dégénère.

Chacun se bat autour des ventes aux enchères. La procédure, imposée par les créanciers du pays (institutions...

le mercredi, c’est jour de tensions devant le «tribunal de paix» d’Athènes. Chaque semaine, ils sont plusieurs dizaines à s’y retrouver: propriétaires de biens immobiliers saisis par leur banque, politiques, forces de l’ordre et caméras de télévision. En quelques minutes, la situation dégénère.

Chacun se bat autour des ventes aux enchères. La procédure, imposée par les créanciers du pays (institutions européennes et Fonds monétaire international), est réglée comme du papier à musique: les quatre principales banques saisissent les biens immobiliers de leurs clients incapables de rembourser leurs dettes, et les mettent à disposition d’acheteurs, souvent étrangers, russes, chinois ou encore turcs, selon la presse grecque. L’ensemble des créances douteuses est estimé à 104 milliards d’euros, soit 44% des créances des banques hellènes.

Acheteurs étrangers

«Sont vendus des habitations principales, des petits appartements, des maisons de familles qui se sont endettées auprès des banques avant la crise économique. Ces sept dernières années, les propriétaires ne peuvent plus rembourser, parce que la plupart sont aujourd’hui au chômage ou que leur salaire ou leur pension ont été sérieusement amputés», dénonce Zoe Konstantopoúlou, ancienne présidente du Parlement.

A la tête de Trajet de liberté, parti de gauche, celle qui est devenue la pasionaria des propriétaires saisis dénonce le «gouvernement, qui se cache derrière les brigades antiémeutes et a décidé de réprimer les défenseurs de ces malheureux endettés». Zoe Konstantopoúlou, plusieurs fois mise en garde à vue, avait soutenu Alexis Tsipras parce que, lors de sa campagne qui la conduit au poste de premier ministre il y a trois ans, il s’était engagé à «protéger les résidences principales des saisies bancaires», rappelle-t-elle.

«Aucune résidence principale de personnes démunies n’est à vendre», assure Dimitris Tzanakopoulos, porte-parole du gouvernement. La loi prévoit une protection des foyers les plus vulnérables (percevant moins de 14 000 euros par an, soit 16 400 francs) jusqu’en 2019. Or, c’est là que le bât blesse.

Selon les données d’Eurostat, près de 75% de la population grecque est propriétaire. Nombre de biens, hérités ou transmis par les parents, ont souvent une valeur bien supérieure au revenu de ses résidents. Ainsi, sur les quelque 15 000 biens en vente, la majorité constitue des résidences principales appartenant à la classe moyenne.

Fonds vautours

Face aux images du mercredi montrant femmes en larmes, cris d’enfants et pères de famille se battant contre des policiers stoïques, les empêchant d’entrer dans l’enceinte du tribunal, la classe politique se sent mal à l’aise. Pour se justifier, le gouvernement brandit le cas de personnes endettées malhonnêtes qui utiliseraient la détresse des autres pour espérer échapper à leurs obligations. Ils seraient un tiers dans ce cas, selon les autorités.

Reste que les créances douteuses menacent toujours les banques systémiques déjà largement fragilisées. C’est la raison pour laquelle certaines d’entre elles ont commencé à vendre ces créances sous forme de portefeuille à des fonds d’investissement «vautours», qui les rachètent à prix dérisoire. La méthode est cruelle, mais jugée indispensable pour le gouvernement, qui doit apurer les comptes des banques afin de sortir de sa tutelle budgétaire en août prochain. le figaro


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