10.01.2018, 00:01

Le plan B des partisans de «No Billag»

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Les partisans de l’initiative estiment que plusieurs centaines de millions de francs pourraient être dégagés par la publicité en faisant payer les émissions les plus regardées si la redevance est supprimée.

 10.01.2018, 00:01 Le plan B des partisans de «No Billag»

Par Philippe Boeglin

MÉDIAS En cas d’abandon de la redevance radio-TV par le peuple, l’Union suisse des arts et métiers esquisse une solution pour le service public.

Le voici, le «plan B» présenté par les partisans de l’initiative «No Billag». L’Union suisse des arts et métiers (Usam) a esquissé hier les grandes lignes d’un nouveau financement de la SSR, au cas où le peuple acceptait de supprimer la redevance radio-TV le 4 mars.

D’après Hans-Ulrich Bigler,...

Le voici, le «plan B» présenté par les partisans de l’initiative «No Billag». L’Union suisse des arts et métiers (Usam) a esquissé hier les grandes lignes d’un nouveau financement de la SSR, au cas où le peuple acceptait de supprimer la redevance radio-TV le 4 mars.

D’après Hans-Ulrich Bigler, directeur de la faîtière des PME, «on ne peut pas forcer les consommateurs à regarder ce qu’ils ne veulent pas». Dans son viseur: la redevance audiovisuelle, qui deviendra obligatoire dès 2019, et qui donne accès à un programme défini.

Quelques subventions?

Joignant le geste à la parole, le conseiller national (PLR, ZH) soumet une proposition de financement de la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR), au cas où «No Billag» gagnait dans les urnes – ce que les sondages pronostiquent. Le groupe audiovisuel récolterait environ un milliard annuellement, se rapprochant du budget actuel d’environ 1,2 milliard.

«Selon le rapport annuel 2016, la chaîne de radio alémanique SRF 1 réunit, à elle seule, 1,576 million d’auditeurs traditionnels.» Si la moitié d’entre eux s’abonnait pour 365 francs par an (le nouveau tarif dès 2019), cela générerait 287 millions de francs. S’y ajouteraient 310 millions tirés de la moitié des téléspectateurs du canal alémanique SRF 1. En cas de besoin, l’Usam, qui veut pourtant biffer les subventions aux groupes de médias, ne ferme pas la porte aux «contributions» destinées à certaines émissions.

Le reste proviendrait de la publicité. La SSR pourrait, selon l’Usam, engranger quelque 400 millions (361 millions en 2017), étant désormais autorisée à vendre des espaces à la radio et sur internet. Un dernier point qui ne convainc pas Thierry Mauron, président de Médias Suisse, l’association des médias privés romands, et éditeur de «La Liberté». «Ce plan B crée une illusion de solution. Vu que l’audience diminuerait sans redevance, les rentrées publicitaires baisseraient logiquement. En plus, si la SSR doit augmenter sa publicité, cela engendrera une nouvelle tension sur un marché déjà difficile. C’est le contraire qu’il faut faire: limiter la publicité pour la SSR, afin de laisser vivre les médias privés.»

La SSR rejette la proposition

La SSR rejette sèchement la proposition de l’Usam. «Un refinancement provenant uniquement du marché est purement fantaisiste. La Suisse forme, en comparaison internationale, un marché relativement petit, en plus divisé en différentes régions linguistiques.»

Hormis l’aspect financier, les partisans de l’initiative ne se sont pas avancés sur l’offre qui pourrait être proposée via leur modèle économique. «Il faudra d’abord mener cette discussion sur le service public. On ne l’a jamais fait, Doris Leuthard a tout simplement refusé de répondre à mes questions!» tempête Jean-François Rime, président de l’Usam et conseiller national (UDC, FR). Un argument contredit en face: depuis des mois, le Parlement fédéral se penche abondamment sur la question.


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