13.01.2018, 00:01

Des féministes à couteaux tirés

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Catherine Deneuve (à côté de David Lynch) a signé la tribune du «Monde».

 13.01.2018, 00:01 Des féministes à couteaux tirés

Par paris, benjamen masse

FRANCE Une tribune publiée dans le journal «Le Monde», mardi, défend la liberté des hommes à importuner. Les réactions n’ont pas tardé.

C’est une de ces polémiques au sujet desquelles la France adore se déchirer. En début de semaine, un point de vue cosigné par une centaine de femmes dans «Le Monde» déclenchait une tempête médiatique et politique dans l’Hexagone, relayée aussi dans la presse internationale.

Mais pourquoi un tel déferlement, une telle bataille d’arguments se revendiquant tous d’un point de...

C’est une de ces polémiques au sujet desquelles la France adore se déchirer. En début de semaine, un point de vue cosigné par une centaine de femmes dans «Le Monde» déclenchait une tempête médiatique et politique dans l’Hexagone, relayée aussi dans la presse internationale.

Mais pourquoi un tel déferlement, une telle bataille d’arguments se revendiquant tous d’un point de vue féministe? L’affaire prend ses racines dans l’affaire Weinstein et le slogan #MeToo, qui s’est décliné dans l’Hexagone en #BalancetonPorc. La polémique débute mardi, avec la publication par une centaine de femmes d’une tribune critiquant le phénomène #BalancetonPorc, tel qu’il s’est déployé en France. Parmi la centaine de signataires, on trouve notamment l’écrivaine Catherine Millet, ou encore l’actrice et présentatrice radio Brigitte Lahaie.

Deux générations de féministes

Leur argumentation tient principalement en trois points. Premier point: les signataires défendent une «liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle». Selon elles, le mouvement #MeToo charrierait une forme de puritanisme d’origine anglo-saxonne, oublieux des ambiguïtés et des ambivalences inhérentes à la séduction. «C’est là le propre du puritanisme», écrivent-elles, «que d’emprunter, au nom d’un prétendu bien général, les arguments de la protection des femmes et de leur émancipation pour mieux les enchaîner à un statut d’éternelles victimes.» Second argument: la vague #MeToo serait porteuse d’une ambition purificatrice au risque de tout mélanger. «Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit», insistent-elles. Dernier argument de la tribune: le phénomène #MeToo instaurerait un climat de «délation» qui semble dangereux aux auteures.

La tribune a suscité une avalanche de réactions, en France, mais aussi à l’étranger, où elle a été extrêmement commentée. Dans une autre tribune, publiée mercredi sur le site de France Info, une trentaine de femmes s’insurgent contre celles qui «utilisent leur visibilité médiatique pour banaliser les violences sexuelles». Pour certains, ce débat enflammé illustre aussi l’incompréhension entre deux générations de féministes, l’une, post-soixante-huitarde, attachée avant tout à la liberté des mœurs, au prix de l’acceptation de l’ambivalence inhérente à la pulsion sexuelle. La seconde serait plus exposée aux violences contemporaines, et notamment à celle des «frotteurs» du métro, harceleurs de rue ou du monde du travail. Deux visions opposées qui ont bien du mal à trouver un point d’accord. paris, benjamen masse


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