13.11.2017, 00:01

Mariano Rajoy et la «majorité silencieuse»

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Mariano Rajoy et la «majorité silencieuse»

 13.11.2017, 00:01 Mariano Rajoy et la «majorité silencieuse»

Par ATSATS

CATALOGNE Le chef du gouvernement espagnol tente de mobiliser avant les élections régionales du 21 décembre. Samedi, une manifestation pro-indépendantiste a rassemblé 750 000 personnes.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy s’est rendu hier en Catalogne pour la première fois depuis qu’il a placé la région sous tutelle. Il a exhorté à «retrouver la Catalogne de tous» et a appelé la «majorité silencieuse» à s’exprimer.

Mariano Rajoy venait soutenir le candidat de son Parti populaire (PP, conservateur) Xavier Garcia Albiol aux élections régionales...

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy s’est rendu hier en Catalogne pour la première fois depuis qu’il a placé la région sous tutelle. Il a exhorté à «retrouver la Catalogne de tous» et a appelé la «majorité silencieuse» à s’exprimer.

Mariano Rajoy venait soutenir le candidat de son Parti populaire (PP, conservateur) Xavier Garcia Albiol aux élections régionales du 21 décembre. Il a convoqué ce scrutin après avoir destitué le gouvernement séparatiste de Carles Puigdemont et dissous le Parlement régional pour «rétablir l’ordre constitutionnel», après le vote d’une déclaration d’indépendance le 27 octobre par le Parlement de Catalogne. En réponse, il a suspendu l’autonomie régionale.

Mariano Rajoy a appelé «toutes les entreprises qui travaillent ou ont travaillé en Catalogne à ne pas s’en aller», alors que près de 2400 sociétés ont déplacé leur siège social hors de la région, gagnées par l’incertitude sur son avenir. Et dans une région où se succèdent manifestations, défilés et grèves, le tourisme – dont dépendent bien des emplois – a baissé d’au moins 15% depuis le référendum du 1er octobre.

«Nous voulons retrouver la Catalogne de tous, démocratique et libre», a lancé Mariano Rajoy, appelant les Espagnols à continuer d’acheter des produits catalans. «Nous pourrons y arriver si la majorité silencieuse transforme sa voix en vote», a-t-il lancé aux Catalans partisans du maintien en Espagne dans cette région profondément divisée, à parts presque égales, sur l’indépendance.

Pour le PP, la campagne s’annonce ardue: lors des dernières régionales en Catalogne, il n’avait obtenu que 8,5% des voix, largement concurrencé par la jeune formation libérale Ciudadanos, deuxième force politique de la région, anti-indépendantiste et qui lui reproche sa corruption.

Grande manifestation

Mariano Rajoy s’exprimait au lendemain d’une gigantesque manifestation à Barcelone réclamant la libération d’une dizaine de dirigeants séparatistes, le noyau dur du mouvement, incarcérés dans des enquêtes pour «rébellion» et «sédition». Selon la police municipale, 750 000 personnes y ont participé, démontrant que les mouvements indépendantistes ont encore une grande capacité de mobilisation.

Beaucoup en Catalogne, même non indépendantistes, reprochent au chef du gouvernement d’avoir mené un combat contre la très large autonomie de la région gagnée avec le soutien des socialistes en 2006. Ce combat du PP contre le «Statut» avait débouché sur son annulation partielle par la Cour constitutionnelle en 2010, vécue comme une humiliation.

Mariano Rajoy, au pouvoir depuis 2011, a toujours refusé les demandes de la Catalogne d’une meilleure répartition des rentrées fiscales de la nation, puis de la tenue d’un référendum d’autodétermination que les séparatistes ont fini par organiser en ignorant son interdiction par la justice.

Selon un sondage publié dimanche par le quotidien El Pais, 69% des Catalans désapprouvent la façon dont il gère la crise en Catalogne, bien que le même pourcentage soutienne sa décision de convoquer des élections régionales.

La charge de la maire de Barcelone

La maire de gauche de Barcelone, Ada Colau, a pour sa part dénoncé, samedi, les arrestations de séparatistes. Elle s’est toutefois aussi livrée à une charge virulente contre le «gouvernement irresponsable» de Carles Puigdemont ayant conduit la Catalogne «au désastre». ATS

Score très serré en vue?

Côté séparatistes, les militants de la CUP (extrême gauche) devaient décider hier de leur participation ou non, et sous quelle forme, au scrutin du 21 décembre. Les sondages prédisent un score très serré entre les partisans de l’indépendance, qui avaient obtenu 47,8% des voix en 2015, et ceux d’une Catalogne espagnole.

A Bruxelles, environ 500 personnes ont manifesté, hier, à la mi-journée, pour soutenir le gouvernement catalan déchu et les anciens ministres placés en détention, selon l’agence Belga. Trois anciens conseillers (ministres régionaux) étaient présents. «L’Europe doit nous écouter», ont-ils fait valoir. «Nous remporterons cette bataille de manière démocratique.» ATS


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