13.01.2018, 00:01

Trump octroie un ultime sursis à l’accord avec l’Iran

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Donald Trump a de nouveau «décertifier» que l’accord sur le nucléaire iranien soit dans «l’intérêt de  la sécurité nationale» américaine.

 13.01.2018, 00:01 Trump octroie un ultime sursis à l’accord avec l’Iran

Par philippe gélie, washington

ÉTATS-UNIS Le président américain a néanmoins assorti son ultimatum à l’accord sur le nucléaire de nouvelles sanctions ciblées.

de mauvaise grâce, et en y ajoutant de nouvelles conditions, Donald Trump a suivi hier la recommandation de ses conseillers, des élus du Congrès et des dirigeants européens de ne pas saboter l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015.

En recommandant au Congrès, comme il l’avait fait il y a trois mois, de maintenir la suspension des sanctions...

de mauvaise grâce, et en y ajoutant de nouvelles conditions, Donald Trump a suivi hier la recommandation de ses conseillers, des élus du Congrès et des dirigeants européens de ne pas saboter l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015.

En recommandant au Congrès, comme il l’avait fait il y a trois mois, de maintenir la suspension des sanctions les plus lourdes levées par Barack Obama après l’accord – celles visant les banques et le pétrole iranien –, le président a prévenu que ce serait la dernière fois. Les défenseurs du «plus mauvais accord passé jamais négocié» ont désormais trois mois pour remédier à ses lacunes, ou les Etats-Unis le dénonceront. En attendant, le président se contente à nouveau de «décertifier» que l’accord soit dans «l’intérêt de la sécurité nationale» américaine.

Réactivation automatique

Trump a assorti son ultimatum de nouvelles sanctions ciblées contre des dirigeants politiques et les gardiens de la révolution, bras armé du régime des mollahs. Ces nouvelles mesures, techniquement indépendantes de l’accord nucléaire, sont justifiées par la répression du régime contre les récentes manifestations et par le soutien de Téhéran au Hezbollah libanais, actif en Syrie au côté de la Russie, de l’Iran et du président Bachar el-Assad.

Des sanctions plus lourdes auraient fait le jeu des «durs» du régime, ont plaidé les conseillers de Trump, et donné l’impression que Washington tournait le dos aux protestataires. Les mesures ciblées doivent suffire à «tester» la sincérité de l’engagement iranien à respecter l’accord de dénucléarisation.

La Maison-Blanche se retient ainsi de «décertifier» que l’Iran ne respecte pas ses obligations nucléaires, ce qui contredirait les rapports de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA), chargée de mener les inspections. Une loi, adoptée à l’époque par la majorité républicaine pour maintenir Obama sous surveillance, fait obligation au président de confirmer l’utilité de l’accord tous les trois mois. Trump ne supporte pas d’avoir déjà dû déclarer deux fois que le «deal» passé par son prédécesseur fonctionnait.

Les Européens font de la résistance

Dans l’intervalle qui lui est laissé, le Congrès est invité à proposer de nouveaux mécanismes dispensant le président de certifier l’accord tous les trois mois, instaurant à la place une réactivation «automatique» des sanctions si Téhéran ne remplit pas certaines conditions. Ces dernières pourraient aller jusqu’à une révision unilatérale de l’accord, éliminant les clauses «crépuscules», par lesquelles certaines dispositions s’éteignent à une date donnée, ou ajoutant des obligations liées au programme balistique iranien ou aux activités de «déstabilisation régionale» reprochées au régime.

Les sénateurs Bob Corker et Ben Cardin, dirigeants républicain et démocrate de la commission des affaires étrangères au Sénat, ont esquissé un «cadre» que les «faucons» au Congrès trouvent trop flou. Tom Cotton, sénateur de l’Arkansas, opposé à l’accord, veut par exemple que Washington s’en retire au premier test de missile capable d’atteindre Israël ou l’Arabie saoudite, alliés des Etats-Unis.

Corker et Cardin ne voient de salut qu’en attachant les nouveaux amendements à un texte que tous les républicains seraient obligés de voter, comme la loi de finance.

Les Européens font de la résistance, pressant les Etats-Unis de «produire une meilleure alternative, car nous n’avons rien vu de tel jusqu’ici», a déclaré jeudi le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson.

Sa remarque, abondamment diffusée sur les médias américains, ainsi que l’image des ministres européens des Affaires étrangères souriant au côté de leur homologue iranien à Bruxelles ont été perçues comme «une provocation» à la Maison-Blanche, affirme le «New York Times». Washington veut que les Européens «rentrent dans le rang» en répercutant les revendications et sanctions américaines. le figaro


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