08.11.2017, 17:30

Ski alpin: les Valaisans en force sur la Coupe du monde

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Le champion du monde du combiné alpin Luca Aerni sera l'une des têtes d'affiche de la délégation valaisanne sur le cirque blanc.

 08.11.2017, 17:30 Ski alpin: les Valaisans en force sur la Coupe du monde

Saison 2017-2018 La Coupe du monde reprend ses droits à Levi ce week-end pour un slalom masculin et un autre féminin. Les douze athlètes valaisans, pouvant légitimer skier sur le cirque blanc, lancent cette année olympique avec des ambitions et l’envie de bousculer la hiérarchie établie.

Dans la nuit finlandaise, les skieurs valaisans lancent ce week-end leur saison de Coupe du monde. Une magnifique délégation de huit athlètes sera dans le portillon de départ des épreuves de Levi: Mélanie Meillard, Elena Stoffel, Daniel Yule, Luca Aerni, Ramon Zenhäusern, Loïc Meillard, Marc Rochat et Anthony Bonvin.

Privés de l’entrée à Sölden à cause du vent,...

Dans la nuit finlandaise, les skieurs valaisans lancent ce week-end leur saison de Coupe du monde. Une magnifique délégation de huit athlètes sera dans le portillon de départ des épreuves de Levi: Mélanie Meillard, Elena Stoffel, Daniel Yule, Luca Aerni, Ramon Zenhäusern, Loïc Meillard, Marc Rochat et Anthony Bonvin.

Privés de l’entrée à Sölden à cause du vent, les géantistes Justin Murisier et Elia Zurbriggen patienteront encore deux semaines avant de dévaler les pistes de Beaver Creek.

En cette année olympique, les athlètes du canton skieront avec des ambitions légitimes: rivaliser avec les meilleurs techniciens de la planète pour rêver de podium et, pourquoi pas, de médailles en Corée du Sud au mois de février. Présentation.

>> A lire aussi: Huit Valaisans pour les slaloms de Levi

Justin Murisier - Pour le top 7

Justin Murisier est un métronome de régularité depuis une saison et demie. Dans sa discipline de prédilection du géant, le skieur de Verbier s’inscrit à chaque fois dans les quinze premiers, hormis deux sorties de piste. Treizième du dernier exercice, le Bagnard ambitionne de terminer parmi les dix meilleurs géantistes du monde et de se rapprocher du top sept mondial «pour augmenter mes chances de monter sur le podium avec de meilleurs dossards». Un podium que le Valaisan possède dans les jambes et qu’il a manqué de peu plusieurs fois. «Mais il y a une telle concurrence que l’on ne peut se permettre de laisser glisser les skis. Il faut toujours se battre en minimisant les erreurs.»

Pour atteindre les sommets, Justin Murisier a mis l’accent sur la stabilité lors de l’entraînement estival, lui qui pour la première fois a pu réaliser une préparation physique complète, sans devoir se ménager. «L’année dernière, je devais réaliser encore passablement de réhabilitation pour mon dos. Cet été, je n’étais plus limité dans les exercices. J’ai travaillé le tronc, j’ai gagné en stabilité, je pense, et je fais moins d’erreurs sur mes skis.»

 

Loïc Meillard - Expérience acquise

L’hiver dernier, Loïc Meillard a connu sa première blessure. Touché au genou, il avait été écarté des pistes pendant un mois et demi. «J’ai beaucoup appris de cette expérience», commente le skieur d’Hérémence. «J’ai un peu changé ma manière de m’entraîner. J’évite ainsi de surcharger mon corps en enchaînant les séances. Je privilégie désormais la qualité à la quantité.»

Le champion du monde juniors de géant entame sa troisième saison au sein de l’élite. Son expérience des dernières saisons lui permet d’envisager différemment son approche de l’hiver. «Lorsque je me retrouve en course, je sais à quoi m’attendre, je suis moins dispersé. Avec le temps, on apprend de nos erreurs.» Le jeune homme a déjà démontré tout son potentiel en claquant quatre top 10 en Coupe du monde dont trois en fin de saison dernière. Toutefois, il évite de se fixer des objectifs chiffrés. «Mon but est de pouvoir au minimum accrocher les trente lors de chaque géant et de chaque slalom, de rester en bonne Santé et de me faire plaisir.» Avancer pas à pas, même si son talent lui permet d’être ambitieux.

 

Daniel Yule - En quête de deux manches parfaites

Saison après saison, Daniel Yule confirme son talent. Le skieur du val Ferret s’inscrit désormais dans la caste des meilleurs slalomeurs de la planète. Seul lui manque encore ce podium qui lui tend les bras. Pour quelques poignées de centièmes. «Je gagne en constance (ndlr: une seule sortie de piste l’an dernier), mais je n’arrive toujours pas à réaliser deux manches parfaites. On ne peut pas réinventer la roue. C’est peut-être cliché, mais le niveau est tellement élevé que si je veux être devant je dois skier deux tracés à mon niveau. Après, c’est plus facile à dire qu’à faire car dans le ski de nombreux facteurs influencent ta performance.»

Pour mettre toutes les chances de son côté afin d’atteindre cette course référence qu’il recherche, Daniel Yule a cravaché tout l’été sur ses bases techniques. Enchaînant les manches pour acquérir davantage de stabilité avec le haut du corps. «Je réalise moins de gestes parasites. Je me sens plus à l’aise techniquement», assure-t-il, dans les starting-blocks. «Ça démange. Physiquement et mentalement, je suis prêt à en découdre.»

 

Luca Aerni - Un nouveau statut

C’est avec un nouveau statut que Luca Aerni aborde la nouvelle saison: celui de champion du monde du combiné. «Mais je ne me mets pas de pression supplémentaire», avoue le jeune homme qui a également réussi à s’immiscer parmi les quinze meilleurs slalomeurs de la planète. «Je dois encore faire un pas en avant en slalom», confie-t-il. «Je sais que si je fais ma course, le résultat est positif au final. Le problème est que je sors encore trop souvent du tracé.» Ses quatre top 10 de l’hiver dernier sont balancés par autant d’éliminations.

Comme son compère Daniel Yule, le skieur de Crans-Montana a mis l’accent durant l’été sur la stabilité du haut du corps «pour gagner en fluidité et limiter le risque». «Physiquement, je suis aussi plus explosif.» La progression estivale est d’ailleurs réjouissante. «J’ai de plus en plus confiance en moi.» Un premier podium en Coupe du monde n’est alors plus qu’une question de temps. «Je sais que je peux être performant sur tous les types de piste. Mais il faudra réaliser deux manches incroyables et espérer un peu de chance.»

 

Ramon Zenhäusern - Franchir un cap

Si Ramon Zenhäusern a gagné en constance en se classant lors de tous les slaloms de la dernière saison, le Haut-Valaisan peine toujours à franchir un cap. Son bilan ne recense qu’un classement parmi les quinze premiers.

Afin de passer un palier ce nouvel hiver, le longiligne slalomeur a décidé de casser la routine dans laquelle il s’était installé: au contraire de ses coéquipiers, il a choisi de rester à Saas-Fee au mois d’août et de ne pas entreprendre le voyage en Nouvelle-Zélande. «Je voulais tester quelque chose de différent. J’ai ainsi pu m’entraîner tous les jours avec Didier Plaschy (ndlr: son conseiller personnel). C’était une expérience positive.» Pour satisfaire ses objectifs, Ramon Zenhäusern a mis de côté le géant pour se concentrer pleinement sur les virages courts. «J’ai progressé techniquement et je fais moins de fautes.»

Le skieur de Viège ambitionne d’intégrer le top 15 mondial des slalomeurs cette saison. «Et pourquoi ne pas réaliser une fois ou l’autre un exploit.» L’homme avait prouvé il y a deux ans qu’il en avait les capacités en prenant la 7e place à Adelboden.

 

Mélanie Meillard - La confirmation

Attendue au tournant après une première saison qui l’a vue prendre les 10e et 20e places en slalom et en géant, Mélanie Meillard a confirmé tout son potentiel lors du géant d’ouverture de Sölden. Malgré une sortie de piste en deuxième manche, la skieuse de 19 ans a démontré qu’elle régatait désormais avec les meilleures skieuses du monde en prenant la 7eplace du parcours initial. Tout sauf un hasard pour l’Hérensarde qui a passé beaucoup de temps sur la neige cet été en côtoyant pour la première fois l’équipe nationale. Elle a ainsi pu progresser techniquement et tenter de canaliser la fougue de sa jeunesse qui l’a conduite trop souvent à l’élimination l’hiver passé. «Le but est de passer les manches, car même à l’entraînement je sortais régulièrement.»

La talentueuse technicienne peut légitimement se montrer ambitieuse. «Il y a une petite pression car, maintenant que je connais le circuit et les courses, je sais ce que je peux réaliser et où je veux aller.» Si le podium la fait naturellement rêver, la demoiselle préfère rester les skis sur terre. «L’objectif minimum est de faire aussi bien que l’année dernière.»

 

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De la Coupe d'Europe, Elia Zurbriggen, Marc Rochat, Anthony Bonvin et Amaury Genoud auront leur chance en Coupe du monde

Elia Zurbriggen sera également aligné tout l’hiver sur le front de la Coupe du monde de géant. Le Zermattois a gagné sa place en remportant le classement de la discipline en Coupe d’Europe l’hiver dernier. Une belle récompense après de nombreux mois de galère. «Je gambergeais dans la tête et j’ai perdu le rythme. Puis, j’ai enfin trouvé les réglages pour m’en sortir.» La spirale négative s’est transformée en cercle vertueux jusqu’à l’amener au 8e rang du géant de Kranjska Gora. Un résultat qui le pousse à revoir ses objectifs à la hausse cette saison qu’il estime, à 27ans, «comme la dernière ou jamais». «Je souhaite intégrer les trente meilleurs et me qualifier pour les Jeux», confie l’homme qui n’était de loin pas largué par Loïc Meillard, Gino Caviezel et Carlo Janka cet été à l’entraînement.

 

En slalom, Marc Rochat (24 ans) aura également une belle carte à jouer. Le skieur vaudois de Crans-Montana compte également s’installer parmi le top 30. «Je suis à la porte», confie l’athlète de 24 ans qui peut s’appuyer sur des résultats probants lors de la tournée estivale en Océanie après avoir pris les 1re et 2e places des slaloms de Coronet Peak qui avaient un léger accent de Coupe du monde. «C’est idéal pour la confiance d’autant plus que je sais que je suis en forme.»

 

Sun is low excitement is high - greetings from Sweden

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Anthony Bonvin (23 ans) sera également au départ du slalom de Levi dimanche. Mais le skieur d’Anzère, qui a manqué un mois et demi de préparation après un problème à un genou, sera davantage concentré sur la Coupe d’Europe cet hiver. «Mon objectif est de terminer dans les sept meilleurs slalomeurs, accrocher également mes premiers points en Coupe du monde et intégrer l’équipe nationale de slalom en fin de saison.»

 

Good to be back on snow with another crazy teammate after @marclaroch let me alone #zhoru#matterhorn#backontrack#valais#beautiful

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Enfin, Amaury Genoud (23 ans) pourrait également avoir de nouveau sa chance en Coupe du monde. Mais, comme Anthony Bonvin, l’Anniviard devra performer en Coupe d’Europe. «C’est un passage obligé si je souhaite revenir en Coupe du monde», glisse Amaury Genoud qui a connu un dernier hiver délicat, perturbé par un tassement osseux à un talon. «Plus on a avancé, mieux ça a été», poursuit le skieur de Zinal qui a retrouvé des couleurs en super-G. C’est d’ailleurs dans cette discipline qu’il partira en quête de podium en Coupe d’Europe.

 

L'incertitude de Camille Rast et le retour d'Elena Stoffel

Il a suffi de cinq courses à Camille Rast pour exposer tout son talent en Coupe du monde et prendre la 9e place du géant de Kronplatz l’hiver passé. Toutefois, la skieuse de Vétroz a été freinée dans son élan. Peu avant de fêter son 18e anniversaire au mois de juillet, la championne du monde juniors de slalom a contracté la mononucléose qui s’est traduite par une grande fatigue. Sa préparation estivale a donc été tronquée. Si elle a pu reprendre la condition physique à la fin de l’été et le ski récemment, trop d’incertitudes demeurent encore sur une date de retour à la compétition.

 

Pendant que Camille Rast prend son mal en patience, c’est son amie et coéquipière Elena Stoffel qui fonce en ce début d’hiver. Deux ans et demi après sa première apparition en Coupe du monde lors d’un slalom à Are, la Haut-Valaisanne de 21 ans a vécu son baptême en géant à Sölden. Même si la course s’est soldée par une non-qualification pour la seconde manche, la skieuse d’Unterbäch semble en bonne forme sur les skis et dans la tête. «Je me suis entourée d’un préparateur mental depuis le printemps dernier. Cela m’aide beaucoup. J’arrive mieux à me corriger sur mes skis et à rester concentrée sur ce que je veux réaliser.» Si Elena Stoffel espère pouvoir goûter de temps à autre à la Coupe du monde, comme ce week-end à Levi, où elle n’aura «rien à perdre», c’est en Coupe d’Europe qu’elle entend déjà briller aux avant-postes tant en géant qu’en slalom.

 


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