30.10.2017, 00:01

Razzia à la valaisanne

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Mike Coppens a réalisé la performance la plus aboutie depuis qu’il a commencé le rallye en terminant 6e du général, 3e meilleur Suisse, samedi.

 30.10.2017, 00:01 Razzia à la valaisanne

Par gregory.cassaz@lenouvelliste.ch

RALLYE Plusieurs Valaisans ont réussi à faire oublier l’abandon de Sébastien Carron lors de la première journée du Rallye international du Valais. A commencer par Mike Coppens.

T out avait commencé comme une journée ordinaire. Du moins, l’une de ses journées ordinaires à lui. Samedi de bonne heure, alors que les pilotes européens les plus chevronnés de l’épreuve sortaient gentiment de leur nuit de sommeil et entraient déjà dans leur bulle, Mike Coppens était tombé du...

T out avait commencé comme une journée ordinaire. Du moins, l’une de ses journées ordinaires à lui. Samedi de bonne heure, alors que les pilotes européens les plus chevronnés de l’épreuve sortaient gentiment de leur nuit de sommeil et entraient déjà dans leur bulle, Mike Coppens était tombé du lit depuis un moment déjà. Combinaison de rallye sur le dos, le Valaisan de Verbier s’apprêtait à compléter sa première épreuve de la journée: nourrir ses cochons. «J’ai fait attention à ne pas salir mes chaussures», rigole le Bagnard. «Plus sérieusement, oui, j’ai des petits cochons dans le cadre d’un élevage. J’adore ça. Ça me prend en moyenne trois heures par jour. Cette fois, je me suis quand même permis de raccourcir un peu la visite. Mais, rallye ou pas, il fallait assumer la tâche.»

En Italie pour se relancer

S’il a pris garde à ne pas salir ses vêtements, Mike Coppens n’a pas hésité à cracher dans ses gants une fois la seconde journée débutée. D’un réveil ordinaire, il allait passer à une journée extraordinaire. Sixième au général, meilleur Valaisan et troisième Suisse le plus rapide, il a réussi la course la plus aboutie depuis ses débuts dans la discipline. «Plus que le classement et même si j’aurais immédiatement signé pour un tel résultat, c’est la manière qui me réjouit le plus», confia-t-il en fin de journée. Une manière qui n’est pas tombée du ciel. Pour se préparer au mieux à l’échéance, Mike Coppens s’était rendu en Italie. «J’y ai été aidé dans la prise de notes, le pilotage ou encore la façon de voir la route. Le but, c’était d’appliquer les consignes. J’ai réussi à le faire et ai cassé des barrières que je ne pensais jamais pouvoir casser. Franchement, jamais je n’avais éprouvé de telles sensations en rallye.»

Non, il n’est pas une pive

Un constat qui arrive au meilleur des moments, le Valaisan ayant traversé une période de doute. «Je n’arrivais plus à progresser. Je commençais à me demander si je n’étais pas une pive... Or, ce week-end, je me suis rendu compte que je pouvais vraiment aller plus loin.»

Les plus rapides sont Valaisans

Mike Coppens n’est pas l’unique Valaisan à avoir porté haut les couleurs cantonales suite à l’abandon de Sébastien Carron lors de la première journée. Jonathan Michellod et Eddy Bérard ont eux aussi trouvé des lignes idéales au volant de leurs bolides et remportant la manche en championnat junior et en véhicules historiques de compétition (VHC).

Le premier nommé devient ainsi vice-champion national junior derrière Nicolas Lathion qui avait déjà été sacré avant le rendez-vous valaisan alors que le second est sacré champion national parmi les VHC.

La victoire pour l’Italien Basso

Giandomenico Basso inscrit son nom au palmarès de l’épreuve valaisanne. Leader du Tour European Rally, le Transalpin remporte également le général de la compétition européenne. S’il est parvenu à accroître son rythme de croisière au cours du second jour, il a surtout pu compter sur les abandons de Kevin Abbring et d’Olivier Burri, contraints à s’arrêter alors qu’ils menaient le bal. Le Belge Bernd Casier et le Jurassien Michaël Burri complètent le podium.

ISMAËL VUISTINER ET FLORINE KUMMER S’OFFRENT UN VOYAGE DU CÔTÉ DE MONTE-CARLO

La récompense est prestigieuse et sonne comme l’accomplissement d’un rêve pour l’équipage valaisan formé par le pilote Ismaël Vuistiner et la navigatrice Florine Kummer. Tous deux complètent à merveille la razzia valaisanne du week-end. Vainqueur de l’épreuve valaisanne et du général final du Clio R3T Alps Trophy 2017, le binôme s’offre le droit de participer au Rallye Monte-Carlo 2018 qui se disputera fin janvier. Qui plus est, tous frais payés et au volant de la Clio R3T officielle de Renault Suisse. «Je commence à trembler», sourit Ismaël Vuistiner, à peine descendu de son bolide. Ou plutôt, à peine descendu de son nuage. «Je n’en reviens pas. C’est juste fabuleux.» S’il peine à réaliser, c’est que le contraste sera frappant entre l’édition 2017 de la manche française du championnat du monde qu’il a vécue en tant que spectateur et celle qu’il s’apprête à vivre derrière le volant. «Comme je travaillais, j’avais fait l’aller-retour en 48 heures. Je devais dormir dans ma voiture parce que je n’avais pas réservé d’hôtel. Mais la passion est telle que cela n’avait que peu d’importance», rappelle en rigolant Ismaël Vuistiner. Samedi, il était encore à la lutte avec Olivier Courtois, jusqu’à ce que ce dernier n’abandonne. Il «suffisait» alors au Valaisan de rejoindre l’arrivée pour gagner le sésame pour le Monte-Carlo. «Il me fait bien plus peur que le Valais... Là-bas, on aura droit à 400 kilomètres chronométrés. Sans compter la tonne de routier. Il va vraiment falloir s’habituer à rouler dans cette voiture. On est quand même comme dans une boîte à sardines là-dedans», termine-t-il, sans perdre le sourire. gc


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