13.11.2017, 20:00

Les affranchis et les dupes, la chronique de Fernand Mariétan

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Fernand Mariétan, ancien conseiller national.

 13.11.2017, 20:00 Les affranchis et les dupes, la chronique de Fernand Mariétan

«Les cons, ça ose tout, et c’est même à ça qu’on les reconnaît.» La formule, lapidaire, émanait du scénariste français Michel Audiard. Exprimée alors avec la gouaille du titi parisien, elle n’avait d’autre prétention que d’agrémenter les propos tenus dans «Les barbouzes» ou «Les tontons flingueurs». 

C’est pourtant ce qui vient à l’esprit aujourd’hui à suivre l’actualité. Tout est permis,...

«Les cons, ça ose tout, et c’est même à ça qu’on les reconnaît.» La formule, lapidaire, émanait du scénariste français Michel Audiard. Exprimée alors avec la gouaille du titi parisien, elle n’avait d’autre prétention que d’agrémenter les propos tenus dans «Les barbouzes» ou «Les tontons flingueurs». 

C’est pourtant ce qui vient à l’esprit aujourd’hui à suivre l’actualité. Tout est permis, tout devient possible, du grand n’importe quoi! Plus de règles, plus de limites, l’époque ose tout. C’est l’ère des affranchis. Il faut être péremptoire, vindicatif, accusateur. Le doute est banni, l’hésitation proscrite. C’est l’ère des cyniques qui se griment en modèles pour écraser l’autre et se donner en exemple. 

Aux Etats-Unis, Donald Trump a transformé le plus puissant lieu de pouvoir du monde en une scène de spectacle. Par moments, on se croirait dans une émission de téléréalité. Des mensonges délibérés, des imprécisions loufoques, le président entretient un rapport pathologique avec la vérité. Sans compter les volte-face perpétuelles et des fanfaronnades qui décrédibilisent les USA et fragilisent plus que jamais l’ordre mondial. Au point que même des élus républicains osent soulever des questions sur son équilibre mental. Bref, l’homme s’affranchit de tout alors même qu’il exerce le pouvoir suprême de la première puissance mondiale. 

Plus près de nous, en France, l’adoption d’une nouvelle loi antiterroriste a ouvert les vannes des réseaux sociaux et des cercles bien-pensants où l’on rivalise de bêtise et d’indécence pour oser prétendre que le passé colonial de l’Occident justifierait la barbarie qui le vise. Relativiser, minimiser, excuser et renvoyer dos à dos tous les intégrismes en faisant mine de ne pas comprendre qu’il en est un qui fait davantage de morts depuis le 11 septembre 2001 au nom d’un projet radical qui vise à nous asservir. Pour une certaine gauche aveugle, il faut nier tout lien entre l’islam et le djihadisme pour éviter l’amalgame. Une cécité qui confine à la complicité. 

Et il aura fallu l’affaire Ramadan pour que se dévoile enfin la face cachée du prédicateur genevois. Depuis vingt ans, l’intellectuel musulman s’était imposé, avec la complicité des médias, comme un humaniste éclairé, représentant d’un islam moderne. A ce titre, il a réussi à capter l’attention des jeunes générations pour les plonger dans un sectarisme suicidaire. 

En définitive, que son comportement soit à des années-lumière de l’austérité qu’il prônait dans ses conférences importe peu et relève d’un avatar sordide. Mais qu’il ait fallu ces révélations pour mettre en lumière l’irresponsabilité de ceux qui ont cautionné son parcours en dit long sur le délitement d’une certaine intelligentsia européenne.


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