11.01.2018, 17:00

Un Martignerain se lance dans le ramassage des déchets à domicile

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Damien Vallée récolte chez des privés et des entreprises tous les déchets recyclables. Cela va du verre au papier, en passant par le PET, l’alu, le carton ou les restes alimentaires

 11.01.2018, 17:00 Un Martignerain se lance dans le ramassage des déchets à domicile

Start-up Surfant sur l'arrivée de la taxe au sac, le Martignerain Damien Vallée s'est lancé dans le ramassage de déchets recyclables à domicile. D'autres sociétés valaisannes se sont insérées dans le mouvement.

C’est ce qui s’appelle donner un nouveau souffle à sa carrière. Après sept années passées dans la mécanique automobile, Damien Vallée vient de tout plaquer pour se lancer dans le ramassage de déchets à domicile. Un «véritable challenge» que le Martignerain de 25 ans a choisi de matérialiser sous la forme d’une start-up : Easytri. 

L’aubaine de la...

C’est ce qui s’appelle donner un nouveau souffle à sa carrière. Après sept années passées dans la mécanique automobile, Damien Vallée vient de tout plaquer pour se lancer dans le ramassage de déchets à domicile. Un «véritable challenge» que le Martignerain de 25 ans a choisi de matérialiser sous la forme d’une start-up : Easytri. 

L’aubaine de la taxe au sac

Active depuis novembre 2017, la société basée à Vernayaz a mis en place un système de collectes par abonnement, destiné tant aux privés qu’aux entreprises. Son rayon d’action couvre une zone qui va de Sion à Vouvry. «Au volant de mon fourgon, je navigue chaque jour de commune en commune, pour y récupérer les déchets préalablement triés par mes clients. En fonction de la demande de chacun, j’effectue un, ou deux, relevés mensuels», raconte Damien Vallée.

Tout ce qui peut être revalorisé d’une manière ou d’une autre y passe. Tant le verre que le papier, le PET, l’alu, le carton ou les restes alimentaires. «Une fois ces matériaux collectés, je les achemine vers un centre de recyclage.» 

 

Une fois les matériaux collectés, Damien Vallé les achemine vers un centre de recyclage.©Le Nouvelliste

 

Avec ce service, Damien Vallée évite ainsi bien des déplacements aux personnes âgées ou à mobilité réduite. Au-delà de cela, il avoue volontiers que c’est l’entrée en vigueur de la taxe au sac en Valais qui a motivé sa démarche. «Les citoyens sont désormais contraints de trier leurs déchets, ce qui amène du travail. Aujourd’hui, Easytri compte déjà une cinquantaine d’abonnés». 

D’autres sociétés sur le coup

Reste que le Martignerain n’est pas le seul à avoir flairé le coup. Au moins trois autres sociétés proposant des services et des tarifs similaires - entre 11 et 55 francs par mois, selon le volume de déchets et le nombre de passages - ont été créées depuis juin 2017. OM Service Récup dans le Chablais, GreenServices et Foxdrop à Sion.

A cela s’ajoute l’entreprise vétrozaine Gerzner Recycling Sàrl, (ndlr : active depuis de nombreuses années dans le recyclage des déchets de chantiers), qui étend ses prestations aux privés depuis le 1er janvier. Son directeur, Jean-François Gerzner, ne craint pas la concurrence. «Nous sommes déjà bien implantés dans le paysage valaisan. La question est de savoir comment les plus petites entreprises vont pouvoir vivre. Il faut s’assurer d’avoir un salaire à la fin du mois, ce qui implique des entrées financières sûres et régulières.»  

Jouer la carte du numérique

Co-fondateur de Foxdrop, Matthieu Vuille entend quant à lui tirer son épingle du jeu grâce à une application pour smartphones récemment mise en service. En quelques clics, le client de la société peut ainsi passer commande, et demander que ses déchets triés soient évacués. «Le ramassage est effectué par des partenaires. A Sion, nous pouvons par exemple compter sur les compétences d’une entreprise de location de vélos», confie Matthieu Vuille.

Si son système ne compte pour l’heure aucun abonné, ce dernier a bon espoir de le voir prendre son envol. «Nous proposons un outil qui est adapté au monde numérique dans lequel nous vivons. Cela nous permet d’avoir une vision sur le plus long terme.» 

De son côté, Damien Vallée commence à vivre des journées bien remplies. Entre les tournées de ramassage et la livraison de bacs de récupération chez ses clients, il se dit surpris par l’ampleur qu’a pris son projet. «Pour l’instant, ce nouveau métier me permet de vivre. Il fallait oser prendre ce risque, et je n'ai aucun regret.»
 

L’avis de Thierry Pralong, Chef du Groupe déchet et sols auprès du Service cantonal de l’environnement

«Pour garantir un tri efficient des déchets, il est intéressant de pouvoir disposer d’offres complémentaires», confie Thierry Pralong. En Valais, l’élimination des déchets urbains relève de la compétence des communes. Ce sont donc elles qui délivrent, ou non, leur consentement aux entreprises privées. «Ainsi, le ramassage des déchets par ces sociétés ne doit en aucun cas être en concurrence avec les voiries. Il doit être complémentaire, dans le cas où des besoins communaux à ce sujet doivent être comblés.»

S’il se réjouit que les prestations proposées par ces start-up profitent aux personnes à mobilité réduite ou ne possédant pas de moyens de transport, il rappelle que tout à un prix. «Cas échéant, ces différents services s’ajoutent aux taxes d’élimination des déchets.»


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