28.12.2017, 05:30

Le jeune retrouvé à Vétroz est mort d'hypothermie, son papa témoigne

Abonnés
chargement
Après avoir quitté l'établissement public de la zone industrielle de Vétroz (à gauche), le jeune homme s’est égaré dans les vergers situés tout à droite.

 28.12.2017, 05:30 Le jeune retrouvé à Vétroz est mort d'hypothermie, son papa témoigne

Vétroz Le jeune Riddan décédé lors d’une virée à Vétroz est mort d’hypothermie. Il avait seulement 24 ans.

«Mon fils est mort d’hypothermie quelques jours avant Noël, après un dîner d’entreprise et une soirée arrosée qui a mal tourné. A 24 ans, on peut mourir d’accident, voire de maladie, mais de froid… ça non! Je n’arrive pas à l’accepter.» Il doit faire le deuil de son fils aîné, retrouvé sans vie le lendemain de Noël dans un verger de...

«Mon fils est mort d’hypothermie quelques jours avant Noël, après un dîner d’entreprise et une soirée arrosée qui a mal tourné. A 24 ans, on peut mourir d’accident, voire de maladie, mais de froid… ça non! Je n’arrive pas à l’accepter.» Il doit faire le deuil de son fils aîné, retrouvé sans vie le lendemain de Noël dans un verger de pommiers du Valais central.

Le jeune homme est mort de froid après avoir erré plusieurs heures, vêtu, semble-t-il, d’un simple t-shirt. «Le Nouvelliste» a voulu savoir comment pareil drame était encore possible de nos jours.

Sortie de boîte

Le 20 décembre, il participe au dîner annuel de son entreprise de forage. «Vers 16 h 30, mon fils et quelques jeunes collègues décident de prolonger la sortie dans un établissement public de Vétroz. Vers 22 heures, il s’est fait expulser de l’établissement.

Dans ce dernier, Alina confirme: «Il n’avait pas d’argent sur lui. Nous l’avons prié de quitter les lieux, pensant qu’il allait rejoindre sa voiture et serait suivi par son ami.» Ensuite, il disparaît dans la nature. Cette nuit-là, le thermomètre descendra jusqu'à moins 3 degrés.

>> A lire aussi: Le jeune homme porté disparu à Vétroz a été retrouvé sans vie

Pendant plusieurs jours, des recherches sont organisées, en vain. «Nous l’avons cherché avec la colonne de secours, un hélicoptère équipé d’une caméra infrarouge a survolé le secteur pendant une heure, sans succès. Idem pour le chien de la police. Et pour cause: mon fils a perdu le sens de l’orientation et s’est dirigé vers Sion.» 

«Il portait un simple t-shirt»

Mohammet Ezbay, qui vend des kébabs dans une caravane parquée devant l’établissement public, est peut-être la dernière personne à avoir vu le jeune homme vivant. «Il est venu m’acheter un sandwich, vêtu d’un simple t-shirt. Il n’avait pas d’argent sur lui. Je lui ai dit qu’il passerait payer un autre jour et lui ai donné son kébab. Ensuite, il s’est éloigné.» 

Mohammet Ezbay se dit choqué par la tragique issue de cette fin de soirée trop arrosée. «Comment a-t-il pu se retrouver seul dans le froid? Il n’est pas arrivé seul. Un vrai camarade ne vous laisse pas dehors ainsi tout seul.»

L’enquête, si elle a déjà pu déterminer avec certitude que le Riddan n’a pas été victime d’une agression, doit encore déterminer l’exact déroulement des faits. 

Retrouvé par hasard

Mohammet Ezbay l'a encore vu repasser devant le Botza un peu plus tard. Le père de la victime confirme. Il se serait aussi approché du camping du Botza, situé à l’arrière de la zone industrielle de Vétroz. Mais après, on perd sa trace. Jusqu’au matin du mardi 26 décembre. Près de six jours plus tard. Trop tard.

«C’est le chien d’un promeneur qui a découvert mon fils vers 10 heures. Il se trouvait dans un verger de pommiers situé à cent mètres de la route qui longe l’autoroute, après la step de Vétroz. On l’a cherché partout, sauf là.»

Le père n’en revient toujours pas, lui qui vient de perdre son fils aîné dans ces circonstances. «C’est trop bête. Et c’est si dur à encaisser. C’est le deuxième fils que je perds. Je m’étais juré de ne pas devoir retourner au cimetière…»

Jamais seul dans la rue

«Le médecin nous a expliqué qu’avec le froid qu’il faisait ce soir-là, un corps tombe en hypothermie en deux ou trois heures, surtout si la personne est alcoolisée», témoigne le papa de la victime.

Chez Addiction Valais, on confirme la dangerosité de l’alcool. «Il donne une fausse sensation de chaleur. Or, c’est tout le contraire: il provoque une perte de chaleur corporelle. La légende du tonnelet d’alcool revigorant du saint-bernard est trompeuse. Nous l’expliquons dans nos cours de prévention, comme cela se fait aux samaritains», indique Ulrich Gerber, directeur prestations et développement. 

«De plus, à cause de l’effet sédatif de l’alcool, on s’endort beaucoup plus facilement. Sans parler de la perte du sens de l’orientation. Autant dire qu’il ne faut jamais laisser un camarade soûl seul dans la rue.»
 


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top